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N°34 // Janvier 2017

EDITO

« Les 17 objectifs de développement durable sont la vision de l'humanité que nous partageons et un contrat social entre les dirigeants du monde et les peuples. »

Ban Ki-moon, Secrétaire général de l'ONU

En juin 2012, au Brésil, la conférence des Nations Unies sur le développement a lancé le processus de définition des Objectifs du Développement Durable (ODD) destinés à prendre le relai des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), adoptés en 2000 par la Déclaration du Millénaire de l'Organisation des Nations Unies.

La consultation avec l'ensemble des parties prenantes (pays membres, collectivités territoriales, secteur privé et société civile) a duré trois ans, et en novembre 2015, les 193 états membres de l'ONU ont adopté le programme de développement durable à l'horizon 2030.

Élaboré sur la base des « 5 P » (pour les Populations, pour la Planète, pour la Prospérité, pour la Paix et par les Partenariats), déclinés en 17 objectifs et 169 indicateurs, le programme, intitulé « Transformer notre monde », décloisonne et intègre désormais de manière transversale le développement économique, l'intégration sociale et la protection de l'environnement.

Ambitieux et porteur de transformations profondes pour l'humanité, ce programme a besoin de la convergence de tous les acteurs – au-delà des débats d'idées – pour construire les solutions concrètes qui feront sa réussite.

Comme 21 autres pays, la France s'est engagée à prendre une part active dans la réalisation des ODD, et à construire une stratégie nationale et internationale de mise en œuvre en concertation avec la société civile, et notamment les ONGs françaises de Solidarité Internationale. 

L'Agenda 2030 est un enjeu pour la Terre, un objectif désormais accessible, auquel chacun peut et doit contribuer à son échelle.

Objectif de developpement durable

SOUDAN

Déplacements à Um Dukhun : de l'urgence à la réponse aux besoins, l'approche de TGH

Session de promotion de l'hygiène à Moradaf, Darfour Central

Session de promotion de l'hygiène à Moradaf, Darfour Central
Photo : TGH ©

Depuis le début de l'année 2016, la localité d'Um Dukhun au sud de l'Etat du Darfour Central, à la frontière avec le Tchad et la République Centrafricaine, fait face à un afflux croissant de nouveaux déplacés revenant du Tchad et des régions environnantes où ils avaient dû s'exiler en 2013 et 2014, lors des conflits entre les tribus Misseriya et Salamat.

Dès le début de l'année 2015 les vagues de retour se sont succédé, suite à l'accord de paix signé le 24 juin 2014 et au relatif apaisement qui en a résulté, ainsi qu'à la fermeture des camps formels et informels dans lesquels ces populations avaient trouvé refuge et à l'absence de solutions de relogement satisfaisantes. De nombreuses familles sans ressources et particulièrement vulnérables sont revenues s'installer à Um Dukhun, à proximité des villages qu'elles avaient quittés, déstabilisant ainsi  la situation déjà précaire de la région.

Des manques en eau, hygiène et assainissement, déjà importants, s'accroissent. Les populations partagent  des pompes à usage manuel peu entretenues et trop peu nombreuses, ce qui limite la quantité d'eau potable disponible par personne. Les conditions d'hygiène globalement faibles (notamment en raison du manque d'infrastructures et de produits d'hygiène) facilitent la propagation des maladies, et fragilisent la santé des populations. 

TGH, opérationnelle dans la région depuis 2004 et disposant d'une expertise solide et d'une connaissance approfondie du contexte soudanais, a lancé en avril 2016 une intervention d'urgence avec le soutien de l'Organisation Internationale pour les Migrations (IOM) et du service de la Commission européenne à l'aide humanitaire et à la protection civile (ECHO). Cette action se décline en trois volets : amélioration de l'accès des populations à l'eau potable (installation de systèmes d'eau d'urgence fonctionnels et maintenance des pompes), amélioration des conditions sanitaires (installation de latrines d'urgence), et promotion des principes d'hygiène de base (mise en place d'évènements thématiques et de centres dédiés, mise à disposition de savon, kits d'hygiène et moustiquaires).

« Wash Items Distribution » à Moradaf, Darfour Central

« Wash Items Distribution » à Moradaf, Darfour Central
Photo : TGH ©

Une évaluation conduite en partenariat avec les organisations internationales opérationnelles de la zone, supervisée par l'Organisation Internationale pour les Migrations a révélé les besoins des nouveaux déplacés en abris d'urgence et  articles non alimentaires de première nécessité. TGH, avec l'appui de l'OIM et de ECHO, a assuré  en juin 2016 l'approvisionnement et le transport rapide de kits de construction d'abris d'urgence et d'articles non alimentaires de base, et organisé leur distribution auprès de 1 400 nouveaux déplacés (dont 82% de femmes et d'enfants), répartis dans les municipalités de Garaia et de Beltebei, pour couvrir leurs besoins avant le début de la saison des pluies.

Le Soudan s'oriente depuis quelques années vers une logique de développement et mise sur le renforcement des capacités des acteurs locaux et la reconstruction des moyens de subsistance des populations sur le long terme. Cependant, les interventions humanitaires d'urgence restent une nécessité dans une région encore instable. La réponse d'urgence que TGH apporte aux nouveaux déplacés s'attache à réduire la précarité des conditions de vie à Um Dukhun,  conséquence des mouvements massifs de populations.

TIMOR ORIENTAL

Une page se tourne

Une page de l'histoire de Triangle Génération Humanitaire se tourne ! En ce début d'année 2017, TGH va fermer sa mission au Timor-Leste (ou Timor oriental), ouverte depuis 2005. Durant ces douze années, TGH aura déployé 17 programmes sur les thématiques de l'accès à l'eau, à l'hygiène et à l'assainissement (EHA), et sur la protection des populations vulnérables.

Le Timor oriental est un jeune pays, peu connu du grand public, d'une superficie de 15 410 km² et peuplé d'environ 1,2 millions de personnes. Après une colonisation portugaise de quatre siècles, il a été envahi en 1975 par l'Indonésie qui, face à l'absence de réactions internationales et notamment des Nations Unies, a mené une répression sanglante contre les opposants pendant 25 années d'occupation. À la suite des manifestations populaires de 1998, un référendum d'autodétermination est organisé sous l'égide de l'ONU, et le 30 août 1999, les Timorais se prononcent à plus de 78% en faveur de l'indépendance. L'explosion de violence qui a suivi, organisée par les milices timoraises pro indonésiennes, nécessite le placement du Timor oriental sous la gestion administrative transitoire de l'ONU. Le pays devient officiellement indépendant le 20 mai 2002, Xanana Gusmao, ancien chef de la résistance a été élu président de la république avec plus de 82% des suffrages.

De nouvelles violences surviennent en 2006 entre l'armée et la police, et engendrent de nombreux mouvements de population dans et aux alentours de Dili, capitale du pays. TGH, qui depuis novembre 2005 conduit un programme de développement EHA dans le district de Manatuto, travaille durant cette période auprès des personnes déplacées internes pour leur fournir un accès en EHA décent.

Borne fontaine

Borne fontaine
Photo : Antao Ton Coa / TGH ©

Sensibilisation-des-acteurs-de-la-societe-civile

Programme d'accès à l'eau en zone rurale
Photo : TGH ©

Une intervention de la Mission intégrée des Nations Unies au Timor-Leste (MINUT) permet en 2007 le rétablissement d'une certaine sécurité et l'organisation de nouvelles élections présidentielles. Ramos Horta, prix Nobel de la paix et ancien Premier ministre, est élu avec près de 70% des voix.

L'attitude des institutions de l'État suite à la double tentative d'assassinat contre Ramos Horta et son Premier ministre en février 2008 accélère la stabilisation du pays et facilite la fermeture des camps de fortune et le retour des personnes déplacées. TGH réoriente alors ses activités pour travailler de nouveau dans les districts (Manatuto, Oecusse et Covalima), en partenariat étroit avec les autorités locales et le Ministère technique de l'eau timorais, avec une approche développement d'amélioration de l'accès à l'eau, à l'hygiène et à l'assainissement, et de formation des populations rurales au maintien et à l'entretien des infrastructures.

Session de promotion de l'hygiène à Moradaf, Darfour Central

Sensibilisation des communautés pour une meilleure protection des femmes et des enfants victimes de violence // Photo : Charlotte Morin / TGH ©

En parallèle, et dès 2008, TGH met en place un programme psychosocial auprès des jeunes du quartier populaire de Becora à Dili, à l'origine de violences durant les différentes périodes de troubles qu'a connu le pays, pour fournir un accompagnement et des activités aux jeunes désœuvrés et réduire les tensions intercommunautaires.

Depuis octobre 2013 TGH conduit un programme de réinsertion socioéconomique des femmes victimes de violences, en partenariat avec quatre ONG timoraises. Ce programme prendra fin en janvier 2017, les ONG locales auront alors acquis les compétences nécessaires à la poursuite de l'action initiée.

Malgré sa jeunesse, le Timor oriental a une histoire complexe, et sa population a vécu de nombreuses périodes de troubles. Depuis le départ fin 2012 de la Mission des Nations Unies, la situation politique et sécuritaire du pays est globalement stable. Les actions engagées par les ONG nationales, internationales et par les bailleurs de fonds ont permis d'améliorer considérablement les conditions de vie des Timorais, mais surtout de leur donner les capacités et les moyens pour continuer à construire leur pays. TGH a donc choisi de mettre fin à sa mission dans le pays.

BIRMANIE

Deux bénéficiaires du projet témoignent

Dans le canton de Matupi, situé dans l'État du Chin à l'ouest de la Birmanie, Triangle Génération Humanitaire met en œuvre depuis fin 2012 des programmes d'amélioration de la sécurité alimentaire et des capacités de résilience des paysans, en partenariat avec l'ONG locale Ar Yone Oo (AYO). Depuis 2014, TGH soutient également la production d'une culture de rente locale et nouvellement exploitée, le konjac, afin d'offrir une opportunité de revenus complémentaires aux familles les plus vulnérables. Deux bénéficiaires du projet témoignent de son impact sur la situation économique de leur ménage.

U San Ram et son fils

U San Ram et son fils
Photo : Hai Lyan, Monitoring Officer / TGH ©

U San Aung (39 ans) vit dans le village de Ram Tim avec ses cinq enfants, tous scolarisés. Avant la mise en œuvre des programmes de TGH dans son village, U San Aung était pasteur, mais ses revenus ne lui permettaient pas de répondre aux besoins de sa famille.

En 2012, il saisit l'opportunité de changer de vie et d'améliorer sa situation financière en rejoignant les équipes de TGH et d'AYO en tant que superviseur terrain relais dans son village. A partir de 2014, il bénéficie  également des activités de développement de la culture du konjac. La mise en place d'une parcelle pilote de production sur ses terres jusqu'alors en jachère lui permet d'exploiter les terrains avoisinants en cultivant un jardin potager (moutarde, chou, oignon, gingembre), et en plantant des arbres fruitiers. Sa production lui permet à présent de couvrir la consommation en légumes de toute sa famille, voire même d'en vendre une partie pour répondre aux besoins du ménage.

« Grâce à la culture maraichère et au soutien de TGH et d'AYO, j'ai maintenant une source de revenus suffisante pour couvrir les besoins de ma famille. Nos conditions de vie se sont améliorées et j'aimerais remercier TGH et AYO et l'ensemble des équipes pour leur travail dans notre village » Témoigne U San Aung.


Daw Rai Kit devant sa récolte de rhizomes.

Daw Rai Kit devant sa récolte de rhizomes
Photo : Hai Lyan, Monitoring Officer / TGH ©

Un constat que partage Daw Rai Kit, une autre habitante d'un village du canton de Matupi.

Daw Rai Kit a quarante ans. Elle habite dans le village de Kace où elle exerce le métier de professeur des écoles, avec ses trois enfants scolarisés et son mari. Leurs salaires ne sont cependant pas suffisants pour subvenir aux besoins de la famille.

En 2013, ils décident d'augmenter leurs revenus en se lançant dans la production de konjac sur une première parcelle de 0,4 ha. Mais la première récolte des rhizomes demande trois ans, pendant lesquels la surface est régulièrement détruite par les animaux sauvages (principalement les gaurs).

Daw Rai Kit participe dès 2014 au programme de développement des cultures de rente mené par TGH et AYO dans son village, et elle partage ses difficultés avec l'équipe du projet. Dotée d'un trancheur à konjac, d'épais gants de protection et de fil barbelé pour protéger durablement la parcelle contre les dégâts des animaux sauvages, elle peut début 2016 réaliser sa première récolte, dont la vente rapporte l'équivalent de 2.200 € ! En étendant sa parcelle à 2 ha, elle peut espérer augmenter ses revenus dans les années à venir.

Pour plus d'informations sur nos projets, voir la rubrique Nos actions sur le site de TGH.

En Bref…

Le 3 décembre 2016 :
TGH organisait à l'Alliance Française de Bangui en République Centrafricaine une conférence sur la problématique de la protection des enfants dans la rue, en présence de messieurs Emile Gros Raymond Nakombo, maire de Bangui, et Pascal Roda, coordinateur du Réseau en Faveur des Enfants de la Rue (RFERC).

En novembre 2016 :
TGH a participé aux forums des métiers organisés par l'Institut national d'études supérieures agronomiques de Montpellier (SupAgro), l'Ecole supérieure d'agro-développement international (ISTOM) et l'Institut supérieur d'agriculture et d'agroalimentaire Rhône-Alpes (ISARA).

Le 26 novembre 2016 :
TGH était présente au salon des Métiers de l'humanitaire à Annemasse. Ce salon a réuni 60 Organisations de la Solidarité Internationale françaises et suisses autour de nombreux ateliers, conférences et entretiens.

Le 25 novembre 2016 :
Une cérémonie de clôture de notre programme d'accès à l'eau dans les zones rurales du district de Bualapha (province de Khammouane) au Laos, s'est tenue en présence de M. Khamsai Tangnavong, adjoint au gouverneur du district, M. Grégory Angelier notre représentant au Laos, les représentants du département des Affaires étrangères et du Bureau du développement rural de la province et du district.

Le 17 octobre 2016 :
TGH organisait son premier Café Humanitaire au Café de la Cloche à Lyon 2ème. Cette rencontre sur le thème "Questions d'humanitaire: travailler en République Centrafricaine" a réuni plus de 70 personnes.
http://www.trianglegh.org/…/Vide…/Fr/CafeHumanitaire-RCA.mp4

En septembre 2016 :
Un film a été réalisé pour présenter les actions d'assistance alimentaire et de soutien à l'économie locale conduites avec notre partenaire ukrainien Country of Free People dans la région du Donbass en Ukraine
http://www.trianglegh.org/…/En/TGH-Food-assistance-Ukraine.…